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Jour 1 - Paris - Andouilles et andouillettes

Written on: Sunday May 20th, 2012

A journal entry from: Soph et Mat en Europe - 2012

Pas facile de trouver un moment pour écrire, il y a toujours mieux à faire! On ne s'ennuie pas et, quand on rentre, la fatigue l'emporte. Je débute enfin officiellement ce journal de voyage.

Il fait beau soleil et, après avoir fini de « packter » et de ranger au strict minimum l'appart qui devra encore attendre un mois pour être présentable, Lynda, la maman de Mathieu, nous emmène à l'aéroport de Val-d'Or. Le tout premier vol de Mathieu à vie se fera dans un bel avion JAZZ, c'est concept!

Après environ 7 heures à flâner à l'aéroport de Montréal on monte dans un plus gros avion. Le vol passe quand même vite, vive les écrans individuels avec choix d'émissions et films! J'ai pu suivre la recommandation de JS et écouter quelques épisodes de The New Girl et me mettre à jour dans les films québécois avec Café de Flore et Monsieur Lazhar. On n'a même pas dormi. Joanie, encore une fois merci pour le truc des menus spéciaux, on a été servis presqu'une heure avant tout le monde! 

De l'aéroport, on a pris le train RER et le métro pour enfin trouver notre hostel. On ne voulait pas être victime du décalage horaire, alors on a préféré se promener toute la journée et se coucher à la même heure que les Français.

Pour dîner, on a choisi un petit resto-brasserie sur le coin d'une rue près de l'hostel. Mathieu n'a pas perdu de temps pour faire comme les Français et s'est commandé une andouillette. Il se fiait à ses émissions qui parlaient d'«andouille sausage», une saucisse au porc épicé. Ce qu'il a reçu, c'est l'authentique andouillette française, faites d'intestins de porc. Ça sent ce qui sort d'un intestin, mais le pire c'est que ça goûte aussi. Mathieu a mangé 2 bouchées et n'a pas aimé, j'ai goûté et j'ai confirmé. Juste l'odeur nous a complètement dégoûté. On avait le fou rire tellement c'était pas bon. Pour ne pas avoir l'air difficiles, on a emballé l'andouillette dans une carte de Paris et on l'a caché dans mon sac-à-dos avant de la jeter dans la poubelle des toilettes. Désolée, les amis français, même si vous dites qu'il y a de la bonne andouillette à d'autres endroits, je pense qu'on est traumatisés à vie.

On est restés dans le quartier du hostel et on s'est retrouvé à la Cité de la Musique où un disque de Marc Ribot a fait la journée de Mathieu. Puis on s'est promenés dans le parc de la Villette, une grande promenade avec des espaces verts et des espaces de jeux pour les enfants. Comme c'était un dimanche ensoleillé, il y avait plein de monde. On a marché le long du canal St-Martin, agréable.

Ce soir là, c'était la première expérience de hostel pour Mathieu. Ça commençait mal. C'était cool vers 21 h, quand on faisait connaissance avec notre gang de colocs américains et australiens, qu'on jasait de voyage, de nos origines, de Harper et d'environnement. Ça prend juste moi pour partir une conversation sur Kyoto, les conservateurs et notre dépendance au pétrole pour apprendre par après que je m'adresse à deux nouveaux ingénieurs en pétrole, qui font de l'extraction de gaz de schiste. C'est super intéressant mais, épuisés, on décide de se coucher et, 1 heure et demi plus tard le party est pogné dans la chambre et la gang ne sait toujours pas ce qu'ils feront de la soirée.

À 23 h, ou 5 heures du matin pour nous, après plus de 30 heures debout, sauf pour une sieste de 2 heures en après-midi, Mathieu et moi on est couchés chacun dans notre lit de dortoir de 10 lits, et pourtant il y a 10 autres personnes en ce moment dans la chambre et le triple de cannettes de bière ouvertes.

Ils sont enfin partis, laissant tout allumé. On se lève pour fermer les lumières et les rideaux. Une demi-heure plus tard, ils reviennent avec plus de bière! Avec mon plus beau sourire du monde, je tasse mon petit rideau de lit et je leur explique qu'on est en décalage horaire et que peut-être ils pourraient aller faire le party dans la salle commune plutôt que dans la chambre. Ils s'excusent et finissent par repartir avec leur bière.

À partir de ce moment là, ils sont revenus en petits groupes aux 45 minutes, en ouvrant les lumières, en parlant, en mangeant de la pizza qui empeste la chambre. Vers 2 h du matin, ils rentraient dans la chambre sur le party plus que jamais, tellement fiers de s'être filmés en train de se baigner dans la Seine. Extrait de leur conversation qui semblait directement sortie d'un film d'ados américain « Dude that was awwwsome, like, I swam in the river. It's a huge river man, what's it called again? yah, the Seine. Man, you can see my ass in the video! Haha. » 

Évidemment, ils vont prendre une douche nécessaire et font des allers-retours, un des gars se couche dans son lit et essaie d'appeler son père aux US alors que tout le monde dort dans la chambre? Un autre revient et se met à avoir une conversation ben ben deep à 3 heures du matin sur les relations frère-s?ur jusqu'à ce qu'enfin un brésilien leur dise poliment VOS GUEULES. Je n'ai jamais vu du monde aussi irrespectueux dans un hostel. 

Et là je me suis posée une question qui m'a fait de la peine : est-ce que je suis rendue trop vieille pour les auberges jeunesse? Il n'y a même pas 3 ans, j'avais hâte de rencontrer 10 nouvelles personnes de partout dans le monde en même temps et de les suivre dans une aventure nocturne au centre-ville, de façon responsable, n'impliquant pas d'être saoule morte tout nue dans la Seine, mais quand même. Ce n'est pas le décalage horaire qui m'empêchait de sortir. Là, j'aurais voulu me lever pi les engueuler avec un cours 101 d'étiquette en auberge jeunesse, comme une vieille matante, gang d'andouilles!

À la place de s'engueuler, on a demandé à être changés de chambre le lendemain. Ça a beaucoup amélioré notre expérience. Y'a eu un petit moment de malaise quand on a packeté nos sacs le lendemain matin et que les américains nous ont regardé partir sans rien dire en sachant très bien pourquoi on n'était plus très friendly et qu'on sacrait notre camp avant le temps!