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Generosite et genealogie slovene

Written on: Sunday October 31st, 2010

A journal entry from: Vacances Europe 2010

Même pas 15 minutes après être descendue à Ljubljana, Nives et ses parents arrivaient pour me mener à leur village, Predgrad, juste après un arrêt à une librairie pour acheter un dictionnaire anglais-slovène. Nives est la voisine de mes lointains parents vivant en Slovénie, une des seules du village à bien parler anglais. Elle avait accepté de m'accueillir chez elle et de me suivre pour me permettre de communiquer avec les gens dans mes recherches généalogiques. Elle s'est assurée que je puisse voir toutes les personnes et les lieux clé que j'avais seulement entrevus en 2009.

Faut dire que c'est petit où je m'en allais. 95 personnes vivent à Predgrad, tout le monde se connaît, alors Nives n'avait presque qu'à traverser la rue pour planifier mes visites. Ce qui est intéressant, c'est qu'avec elle, j'avais tout ce qu'il y a de plus traditionnel en Slovénie. Même si Nives (prononcé Nivesse, en référence à la neige) a 20 ans, elle ne semble pas essayer d'être cool, indépendante et américanisée comme beaucoup d'autres. Elle se passionne pour la musique et la danse traditionnelle slovène, avec les costumes qui datent de ses ancêtres. Elle vit chez ses parents qui m'ont semblé très âgés et est heureuse d'y être, et d'y retourner. C'est la tradition que chaque famille reste où elle est née, donc elle s'attend à demeurer sur leur lopin de terre à Predgrad pour toute sa vie. Elle porte tous les jours des cols roulés un peu trop petits et des running shoes Nike blancs, ce qui j'avoue me fait un peu rire. J'ai vu les autres jeunes slovènes, ils suivent la mode, Nives est un cas à part, qui pourtant semble bien heureuse parmi ses pairs.

Donc c'est chez les parents à Nives que j'ai été hébergée, dans une partie à part de leur maison. Puis est venue la série de visites paroissiales de chaque membres locaux de mon arbre généalogique éparpillés dans la petite région Carnjiola sur la frontière de la Croatie. Ils m'ont chacun accueillis avec la plus grande générosité, je me sentais comme la vedette invitée dans les émissions de La petite séduction.

Vu les difficultés de communication, ce qu'ils ne pouvaient m'offrir en paroles, ils ont tous voulu compensé en victuailles. Je crois qu'il n'y a pas eu un seul moment où j'ai senti la faim depuis 2 jours, tellement ils m'ont gavés. Bien sûr, quand ils te disent en langue inconnue «prends en plus» avec le plus insistant des sourires, tu peux pas dire non. À travers les dizaines de cafés, thés, forts locaux, gâteaux, biscuits, fromages et saucissons des deux derniers jours, j'ai surtout pu en savoir beaucoup plus sur les origines de ma famille, le mode de vie slovène et les généreuses personnes qui m'accueillaient.

En retournant à la maison où mon grand-père est né, j'ai eu la chance d'arriver au même moment que les nouveaux occupants de la maison, dont le petit fils de l'homme à qui Marko Ferderber (mon arrière grand-père) a vendu la maison avant de quitter pour le Canada. J'ai donc pu voir l'intérieur, très peu modifié depuis. En plus, la femme du propriétaire parlait français, qu'elle avait appris par intérêt, et j'ai donc pu moi-même poser mes questions directement. Je suis repartie avec du jus de pommes fait avec les pommes qui poussent sur le terrain où a vécu mon arrière-arrière grand-père! Je trippais. 

Tout de suite après, j'ai pu assister au cours de danse traditionnelle de Nives. Je trouve ça fascinant que la tradition est maintenue et intéresse les jeunes encore aujourd'hui. Je me dis que ce doit être l'effet de vivre dans de si petites communautés. Puis Eric, le fils d'un de mes lointains parents, m'a démontré son talent autodidacte d'accordéoniste traditionnel. Nives et moi avons terminé la soirée dans un petit bar local ou un chanteur du coin faisait un spectacle à la bonne franquette. Il chantait des airs connus slovènes et des chansons américaines rock années 80 genre Bon Jovi. Je ne peux pas dire qu'il était bon, mais j'ai trouvé ça drôle de voir la gang des artistes des alentours, au look un peu plus trendy, à la table à côté de nous. De mon bord j'étais avec Nives qui buvait du thé, avec une de ses collègues de danse de 15 ans et sa gang qui eux faisaient ce que les filles de 15 ans font, soit trop boire de bamboo (vin rouge et coke!) et prendre des photos avec des moues de truites pour Facebook. J'avais l'impression qu'elles étaient plus vieilles, vu qu'elle pouvaient entrer dans le bar, mais quand j'ai demandé leur âge je me suis rendue compte qu'elle avaient le même que ma petite s?ur en secondaire 4? mais bon, c'est plus lousse dans les petits villages j'imagine.

Le lendemain j'étais encore plus enchantée d'être venue quand j'ai pu voir le prêtre de Stari Trg, qui garde les livres des naissances et décès des presque 200 dernières années. Dans les pages jaunies et déchirées, on a trouvé la famille Ferderber, reliée au père de mon grand-père, de qui on avait peu d'information. C'est le côté de sa mère qui habite encore le coin. J'ai enfin pu confirmer que mon nom s'écrivait bien (et s'écrit toujours) Ferderber, et non Verderber, un autre nom de famille présent dans la région. C'était un peu magique, genre chasse aux trésors, d'être là. J'ai pris en photo toute l'info et j'ai hâte de la décortiquer.

On est retournés se promener dans le coin de la maison à mon grand-père, en jasant avec des passants. Si je voulais passer un mois à explorer le passé des Ferderber, je pourrais, il y a plein de pistes. Ce sera à la cousine de mon père, qui planifie visiter, de pousuivre la mission en terre ancestrale.

Après de supers belles visites et une tonne de cadeaux qui pèsent dans mon sac-à-dos, c'était les aurevoirs. C'est vraiment particulier d'être si bien accueillie et choyée par tant de gens qui ne me connaissent à peine. L'invitation est lancée pour que je puisse leur rendre toute leur générosité au Canada.

Là je suis à Ljubljana à la station de train. C'est l'Halloween, la fête devient tranquillement de plus en plus populaire, et une gang de filles déguisées en sorcières sexys s'en vont sortir dans la grande ville en sortant du train. Après un petit tour au centre-ville de Ljubljana pour trouver un café internet, je me rends compte que tout tout tout sauf les bars sont fermés vu que c'est dimanche, donc je suis revenue à la station pour aller sur le net. Je prends un train de nuit pour Munich, puis Paris, pour rejoindre Élise et finir mon voyage dans la ville lumières. J'ai pensé m'arrêter en chemin pour fêter l'Halloween, mais avec le poids de mon sac et la grève en France qui pourrait facilement me retarder, je préfère me rendre direct. J'ai hâte de partir parce que même si la ville est belle, c'est miteux la station, y'a du monde louche.

Photos à venir

Un peu de culture slovène

La maison où mon grand-père est né, à Sodevci, Slovénie. Méchante belle vue, sur la frontière de la Croatie, le terrain est bordé sur deux côté par la magnifique rivière Kolpa. Je suis tentée de l'acheter comme maison de retraite.