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Ta gai llimh nios fearr

Written on: Tuesday March 31st, 2009

A journal entry from: Europe 2009

Je n'avais pas assez vu de l'Irlande à mon gout, alors j'y suis retournée après mon saut en Angleterre. J'avais la chance d'être encore hébergée par Patrick qui m'a sorti downtown Galway pour un show de Duke Special, auteur-compositeur-interprète de Belfast, puis le lendemain pour un show d'Akil, un artiste hip-hop de Los Angeles. On est même sortis cluber et voir le DJ invité Phil Hartnoll d'Orbital, très reconnu apparemment. Toutes des découvertes assez variées, je ne suis pas devenue fan numéro 1 de personne mais ça a été de belles soirées où j'ai enfin pu danser.


Le samedi matin, on partait en roadtrip pour Belfast, au nord de l'Irlande du Nord. Avant de partir, on s'est ramassé des super snacks au marché public de Galway pour pique-niquer devant un lac que Patrick avait spotté en cherchant le long de notre trajet sur Google maps satellite. Pas mal brillant, je trouvais.


Ce que je voulais vraiment voir, c'était le Giant's Causeway, formation géologique vraiment particulière. Je ne m'attendais pas à trouver une grande différence d'avec la République d'Irlande, mais je me trompais.


Belfast est une ville divisée par le conflit entre les loyalistes protestants, qui s'identifient davantage à la culture britannique, et les Irlandais catholiques nationalistes qui revendiquent leur identité propre et leurs racines gaéliques. On voit le parallèle avec le Québec et le Canada, sauf qu'en Irlande, le débat est un peu plus violent. La ville de Belfast a été le lieu d'affrontements récents et le territoire est clairement divisé en deux camps.


En se promenant dans le côté protestant, Patrick ne parlait pas devant d'autres, parce que son accent aurait pu lui attirer des problèmes. On ne se stationnait pas n'importe où, parce que la plaque de la voiture dénonçait aussi notre provenance. Je ne me sentais plus en Europe occidentale.


Pour préserver la mémoire de tous les événements qui ont marqué l'histoire du combat pour « une île, une nation », des murailles ont été peintes un peu partout dans le quartier catholique sur le côté des maisons. Les quartiers résidentiels sont donc décorés de ces fresques mettant en vedette des scènes et des personnages importants des affrontements avec les protestants. C'est la même chose du côté de ceux-ci, les protestants ayant peint autant de murailles qui présentent une vision totalement opposée des mêmes événements.


Ce qui frappe le plus par contre, ce ne sont pas les murailles, mais le barbelé et les hautes clôtures qui encerclent les endroits publics. Tout est sécurisé, métallique et piquant, sans aucun souci d'esthétisme. L'important c'est de garder l'ennemi dehors. Le côté catholique, recevant évidemment moins d'argent de son gouvernement britannique, est délabré. De magnifiques bâtiments sont à l'abandon, victimes d'incendies ou d'attaque à la bombe. Une maison abandonnée était justement en feu à notre passage dans le côté catholique. Tout près, une petite fille jouait dehors avec son drapeau de l'Irlande. De l'autre bord, ce sont les Union Jacks qui flottent partout.


Le sentiment nationaliste est crié partout ici. J'imagine que, quand il y a des morts, dont des enfants, on oublie moins et on revendique plus. Ça ne fait pas longtemps, Patrick s'en souvient de son vivant. Moi je n'étais pas née en octobre 70, et j'étais déçue de moi de ne pas avoir retenu plus de l'histoire du mouvement souverainiste pour pouvoir comparer. Je le savais que c'était une bonne idée de garder mes notes d'histoire de secondaire 4! Faudra je relise là-dessus.


Le centre-ville est quand même charmant, il fait grande ville européenne. Il n'a quand même pas échappé aux attaques, on est passé devant le Europa Hotel, l'hôtel le plus souvent frappé par des attentats à la bombe en Europe.


Le lendemain, on se rendait juste à côté, à Bushmills, une jolie petite ville beaucoup moins glauque que Belfast. On commençait par visiter des falaises au Carrick-A-Rede Rope Bridge, puis enfin on allait voir le Giant's Causeway. Hallucinant, ça vaut vraiment le détour et ça fait des photos débiles. J'étais pleinement satisfaite de notre journée plein air.


Il était trop tard pour visiter la distillerie de Whiskey de Bushmills ce soir-là, alors c'est le lendemain matin qu'on est allés se caler un verre. La distillerie que l'on a visité est la première au monde a avoir eu une licence pour faire du whiskey, en 1608. L'orge d'Irlande est distillé 3 fois et mature dans des tonneaux de bois de chêne importés ayant d'abord été utilisés pour du sherry ou du bourbon, ce qui apparemment est bien mieux que des tonneaux neufs. Ça se boit, puis ça nettoie. Ça m'a fait pensé à toi Pier-Paul, t'aurais trippé je pense! Bonne fête en passant!


En chemin de retour vers Galway, on s'est arrêté à Derry, connu sous le nom de Londonderry en Irlande du Nord. C'est une autre ville où le conflit entre les deux camps a eu de lourdes conséquences. Free Derry est le nom que le quartier catholique s'est donné, la police britannique n'ose presque pas s'y aventurer. Il y avait des murailles très réussies à Derry. Du côté protestant, il y avait aussi la première cathédrale protestante construite après la réforme.


Plus de 800 kilomètres aller-retour, j'ai eu le temps d'initier Patrick à la musique québécoise et même valdorienne, et j'ai vu des paysages magnifiques, des couchers de soleil et des étoiles, parce que même si c'est l'Irlande, quand je suis là il pleut pas!

Duke Special, notez la plug electrique britannique

Akil, notez la transition très old school

Videoclip d'Orbital avec DJ Hartnoll, pour apprendre les étapes de la fabrication d'un cd un peu plus loin

 

From Sophie on Apr 9th, 2009

Je sais, j'ai mis beaucoup trop de photos mais je voulais pas me restreindre!