Loading Map...

Accostage en Irlande

Written on: Sunday March 15th, 2009

A journal entry from: Europe 2009

Côté budget, c'était le meilleur choix de quelques euros seulement, côté temps, c'était à peu près 16 heures de plus que l'avion. Ça me semblait tellement plus cool que je m'en foutais; j'ai donc pris le ferry pour me rendre de Cherbourg, France à Rosslare, Irlande.


C'est plein de folklore une petite ville portuaire, j'étais toute excitée en suivant la rive vers le bateau. C'était la première fois, de ce que je me souviens, que je prenais un vrai bateau sur la mer, pas une chaloupe sur la rivière Thompson. Je m'imaginais quand même quelque chose de très pêcheur, un gros rafiot qui brasse avec des bancs inconfortables et peu d'espace, comme dans les trains. Un capitaine barbu qui me dirait Arrrrr Mate come on board! J'avais hâte de voir.


En attendant au port, il n'y avait personne dans la bâtisse sauf trois gars. Ils étaient visiblement Canadiens, un portait des badges du Canada sur tout son linge, un chandail Roots puis une tuque des Maple Leafs. Alors, je suis allée m'asseoir avec eux.


Ils sortaient tout juste du secondaire et se payaient 2 mois et demi de voyage en Europe avant la suite. J'étais assez impressionnée par leur niveau d'organisation pour leur âge; faire coïncider des plans de voyage aussi élaborés de deux personnes, c'est déjà bon, mais de trois amis, wow. Et à cet âge là, ils en avaient de la volonté, parce que c'est en travaillant dans des restos comme au Harvey's au salaire minimum qu'ils ont amassé leurs sous. Et Owen, ne pouvant travailler pour un bout à cause d'une opération, cuisinait des brownies, des biscuits et autres desserts qu'il a vendu chaque midi à l'école pour se ramasser un total de 4200 $! Bel exemple de détermination.


Dans la navette vers le bateau, on croise une australienne qui elle aussi prenait un ferry pour la première fois. Tous les cinq, on avait le grand sourire quand on est entré dans l'embarcation. Le bateau s'appelait Oscar Wilde, en l'honneur d'un dramaturge né à Dublin mais très lié à la France. Connu pour des citations comme « Experience is the name we all give to our mistakes », celle que j'ai préféré. Ce n'était pas un rafiot pentoute. C'était presque un bateau de croisière, avec le tapis de grand hôtel, les miroirs partout, les grandes salles, 10 étages avec restos, arcades, lounges, bars, cinéma? le luxe! Et juste au-dessus de notre étage il y avait une grande terrasse sur le pont.


On trippait. C'était toutefois pas tout inclus comme dans les croisières, on a pas profité de tout l'entertainment, mais on s'est quand même pris une bière dans le lounge. Et on s'est vraiment fait du fun, ça faisait longtemps que j'avais pas ri comme une ado, les trois gars étaient vraiment drôles. Faut que je note ma meilleure répartie de la soirée (j'étais fière) :
Owen, cherchant des sous pour la bière : « Il ne me reste pas grand chose. »
RJ : « Ouin, je pense que je suis dans le même bateau que toi. »
Moi : « Je pense qu'on est tous dans le même bateau. »

Hahahaha je me trouve tellement drôle.


J'ai donc bu la moitié d'une bière, mais même à ça, dès que je me levais debout, je me sentais saoule à cause du mouvement. C'était le fun, pas trop cher pour marcher croche et avoir le feeling! Heureusement, pas de mal de mer.


Pour dormir, on était tous dans la même pièce, qui ressemblait à une salle de réunion d'hôtel avec une vingtaine de sièges alignés qui regardent vers un mur. Quand je suis entrée, j'ai posé mes choses en me disant que ce serait une longue nuit assise sur le banc. Je n'avais pas compris comment ça marche. Les habitués étaient équipés, petit matelas et couvertes, ils s'installaient par terre, puisque la pièce était grande. Génial! Le plancher n'était pas particulièrement confortable, mais d'être à l'horizontale et bercée par les vagues, c'était tout ce que je pouvais espérer.


J'avais mis mon réveil à 6h30, car je devais réveiller les autres pour qu'on voie le lever du soleil sur le pont. Impressionnant d'être entourés d'eau. On a vu quelques couleurs timides dans le ciel, mais ça s'annonçait nuageux. Pour nous consoler, des dauphins sont passés nous faire un petit spectacle. Voyant que c'était trop gris après une heure, on est retournés se coucher.


---


Le lendemain à l'arrivée, je vérifie mes courriels pour voir si j'ai des réponses de CouchSurfing. Une fille qui m'avait dit peut-être m'avait réécrit. Elle me dit «  Je ne serai pas là en fin de semaine, mais tu peux venir quand même, la clé est en-dessous du lapin ».


Cette fille là, en se basant sur une page Web qui montre ma photo et ce que j'ai bien voulu dire pour me décrire, me laissait sa clé de maison, en ne m'ayant jamais vu en vrai ni parlé de vive voix. Je trouve ça hallucinant. Je l'ai appelé pour être sûre qu'elle était vraiment d'accord et pour la rassurer que je n'allais pas lui voler ses Q-Tips, la seule chose que j'aurais voulu prendre, parce que je n'en ai plus. Elle semblait n'avoir aucune inquiétude, me disant simplement de me servir dans l'armoire si je veux me faire des pâtes ou du thé puis que les couvertes et les serviettes sont à l'étage. Elle a tellement accueilli de Couchsurfers que pour elle c'est normal. Elle a même un calendrier pour gérer les allées et venues de voyageurs. Ça, c'est une confiance en l'humain que je ne crois pas avoir moi-même.


---


Il pleut et il vente. Je n'en attendais pas moins de l'Irlande. C'est quand même charmant comme paysage. L'autobus me débarque à Tramore, petite ville en banlieue de Waterford où Karen, mon hôte absente, habite. C'est un quartier typiquement banlieue, dizaines d'unifamiliales identiques avec cours avant et arrière, fleurs et tapis de porte qui dit « Welcome ».


La clé est en effet sous un lapin rose en porcelaine décoratif dans l'entrée. Je débarre la porte un peu craintive. C'est une jolie maison, grande, à deux étages, il y a des signes rassurants d'une vie de famille normale un peu partout, genre du Nutella qui traine, des aimants avec des citations positives sur le frigo, des photos de la fille de Karen un peu partout et des jouets, des costumes et des posters de High School Musical comme dans toute chambre de petite fille de 12 ans. Dans l'entrée, une petite plaque dit « Be nice or get out ». Je me dis que c'est une bonne garantie de la mentalité de la place. J'ai quand même fait le tour de la maison canif suisse à la main. Je me trouve un peu ridicule, mais on ne sait jamais?


J'ai faim, alors je vais à côté chez Tesco (comme dans la tune de Lily Allen!) m'acheter de quoi souper. Je me fais un pâté chinois toute seule dans la cuisine d'une inconnue.


Le lendemain je me rends à Waterford pour visiter et voir les feux d'artifice prévus ce soir-là. Je comprends pourquoi tous ceux qui ont le moindre petit gène irlandais revendiquent cette identité. L'Irlande charme instantanément. Les gens me semblent particulièrement smatts, on dirait qu'ils ne pourraient pas être méchants avec l'accent qu'ils ont. Tout le monde te dit bonjour, comment ça va, passe une bonne journée ma chère?
Waterford c'est beau, même le local d'une firme d'assurance ou une quincaillerie paraissent aussi chaleureux et accueillant que le pub d'à côté. C'est très coloré, surement pour compenser les journées grises. Vraiment, j'aime.


Cette journée-là, il y a beaucoup d'activité dans le centre-ville parce qu'en soirée il y aura le National Lottery Skyfest. Je prends soin de ne pas juste dire Skyfest mais bien National Lottery Skyfest, de un parce qu'en tant que relationniste je sais qu'il ne faut jamais oublier le commanditaire, de deux parce que je me rends compte que je dois reconnaissance aux joueurs compulsifs de ce monde. En Irlande, ils me donnent des feux d'artifice, à Val-d'Or, ils me donnent le festival de l'humour, puis le Dundee. Merci, joueurs compulsifs.


Ça valait la peine, un bon 15 minutes de grande pyrotechnie sur le bord de la rivière Suir. J'étais pourtant moins dedans, parce que j'étais toute seule. C'est bizarre être en solo dans une foule de 50 000 personnes. On dirait que les petits feux de la fête du Canada qu'on regarde en gang couchés sur la butte de la Cité de l'Or sont plus le fun, parce que je les partage avec du monde.


J'écoute un autre petit bout du show de musique irlandaise, c'est excellent, mais encore là je n'ai personne avec qui danser. Je me demande si ça se fait de trouver une gang de mon âge et dire « hey salut, je viens du Québec puis je cherche du monde pour fêter». Mais je suis pas assez sûre, c'est peut-être m'imposer, puis anyway autour c'est juste des couples puis des ados de 14 ans incroyablement pas habillées en fonction de la température. Je me dis que je suis rendue vieille pour m'offusquer de ça, et je retourne à Tramore sagement avant 10h.  Comme Karen m'avait dit, sa fille et son chum sont à la maison. Je suis contente de jaser avec du monde un peu. En plus, ils vont me donner une ride jusqu'au train le lendemain. L'humain, en très grande majorité, est bon.

 

From Justine on Mar 16th, 2009

juste pour te dire que le membre poilu non identifier ses le dessous du menton du gars que ta prit la photo haha!!

From Sophie on Mar 16th, 2009

Ben tabouère, t'as ben raison! Tk c'est pas le mien c'est sûr, je m'épile même en voyage!

From marianne on Mar 18th, 2009

on veut tous savoir comment ça s'est passé la fête des irlandais!!!!!!!!

From marianne on Mar 21st, 2009

fait lgt qu'on a eu des news soph...que se passe-t-il?

From Sophie on Mar 25th, 2009

Ça s'en vient Marianne! Je suis chez des gens de ce temps-ci, et c'est un peu impoli de pas passer du temps avec eux pour être sur l'ordi alors...