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En visite chez la corres au pays des bulles

Written on: Sunday March 8th, 2009

A journal entry from: Europe 2009

Ça fait déjà presque 4 ans que je connais Sandrine, j'ai eu la chance de tomber sur elle comme correspondante quand on a fait l'Eurostage, un échange entre étudiantes en enseignement Abitibi-Témiscamingue – Champagne-Ardenne. Depuis, j'ai changé de branche, mais Sandrine se fait maintenant appeler « maitresse » par des 9-10 ans, dont certains la dépassent. C'est aujourd'hui une prof accomplie et enthousiaste, heureuse de sa classe et de son milieu de travail. Je trouve ça beau à voir, c'est pas donné à tout le monde!


C'est déjà la troisième fois que je la visite, la dernière fois avec Fred, et encore c'est un accueil royal. Champagne pour l'apéro à l'arrivée, lendemain on visite une petite maison de champagne, Fredestel, pour voir la différence avec les grandes caves qu'on avait vu les dernières fois. L'apéro de ce soir là ça sera du ratafia, une autre spécialité de la place, sucrée, faite avec du marc de champagne et du jus de raisin de champagne.
Telle une Airoldi pour une sortie, Sandrine m'a refait ma garde-robe détruite pour presque rien. Mes gênes de chasseuse d'aubaine, définitivement hérités du parent maternel, étaient pas mal fiers.


Tout plein de flashbacks de mon dernier voyage me sont venus à mesure que je revoyais la Champagne. C'est bien partir découvrir l'inconnu, mais revenir à des endroits déjà visités c'est une autre sorte de plaisir.


J'ai pu prendre du temps pour définir le reste de mon voyage, qui demeurait un peu flou. C'est maintenant plus précis. C'est fou comme le temps passe trop vite. Je suis quand même contente de faire une partie du voyage au jour le jour, sans avoir fait de recherche préalable, et profiter des gens de la place que je connais qui me font découvrir autre chose que les pages 178 à 183 du Lonely Planet. Une phrase de Beigbeder dans 99 francs m'avais marqué pour ça : « Le tourisme transforme le voyageur en contrôleur, la découverte en vérification, l'étonnement en repérage, le Routard en Saint-Thomas. » Je  voulais donc une part de surprise. La passe d'annonce de yogourt du film 99 francs m'a aussi marqué, ça a marché, j'associe maintenant petit pot de yogourt français à érotisme lol.


J'ai fait un déjeuner québécois avec le sirop d'érable que j'avais apporté, et j'ai essayé pour la première fois un pudding chômeur. Le déjeuner c'était pas pire, mais le pudding un flop lamentable. Je blâme le fait que je n'ai pas pu trouver de bicarbonate de soude à l'épicerie, puis aussi que transposer des tasses en centilitres, c'était mélangeant. Tk, besoin de pratique.


La fin de semaine a été parfaite, avec possibilité tant appréciée de faire la grasse matinée, puis soirées arrosées façon champenoise avec les amis de Sandrine et Thomas. J'ai remarqué deux différences: le partage de boisson et les bisous.


Comme chez nous tout le monde apporte sa boisson, mais rendue là, elle devient à tout le monde. Donc si une bière est ouverte, elle se partage à tous. Chez nous, on a pratiquement notre nom d'écrit sur notre caisse dans le frigidaire. On n'hésite pas à en donner je pense, mais c'est quand même pas aussi libre-service.


Puis les bisous. Avant je détestais devoir embrasser un paquet d'inconnus; wo, commence par me serrer la main, on va jaser, après je verrai si je veux de te donner des becs. Après 3 visites en France, je me suis adaptée et ça va. Mais ça me surprend encore les tournées de becs. Chez nous c'est simple, mettons Val arrive au party, Val va dire « salut groupe! » et le groupe va répondre « hey, Val! » et voilà, salutations complétées, Val est intégrée dans le party. Ici, chaque personne qui arrive fait le tour de tout le groupe, et pour chaque personne 2 becs, gars comme filles, et une couple avec leur particularité régionale de 3 ou 4 becs. À l'arrivée et à la sortie. Ça finit pu!


Quand même de belles soirées avec des gens sympathiques, à jaser de Garou et Natasha St-Pierre, qu'on a dumpé en France pour plus les revoir, et à m'obstiner avec un gars un peu trop saoul sur si on devrait ou pas payer moins de taxes quand on tri nous-même nos déchets à la maison. Ça ne diminue pas le coût, parce que ça fait plus de collectes bon!


Je pars de chez Sandrine et Thomas heureuse et légère, parce que j'ai passé un bon moment, et parce que je laisse ce dont je n'ai pas besoin dans mon sac chez eux, donc je reviendrai les voir et en plus ça fait toute une différence en poids à trainer. D'ailleurs, je pourrai enfin rendre un peu de la générosité qu'on m'offre ici cet été, alors que Sandrine et Thomas viendront faire un tour dans la belle province!