Loading Map...

Ole!

Written on: Tuesday March 3rd, 2009

A journal entry from: Europe 2009

Grande remontée vers le Nord, le mercure descend graduellement... Je coupe mon voyage par un arrêt à Granada chez Malcolm pour voir du Flamenco avant de quitter l'Espagne définitivement. Malcolm a trouvé un endroit qui est sensé être pas trop touristique, et ça doit être vrai parce que le show est le dimanche à 23 h. À la manière espagnole, ça commence finalement vers 23 h 50.

Le bar a tout ce qu'il faut pour être authentique, au fond d'une ruelle perdue et mal éclairée, tu entres et la cigarette t'étouffe aussitôt. Des photos en noir et blanc des grands du Flamenco qui sont passés par là sont affichées au mur et les clients ont tous leur petit côté intello ou marginal. L'attitude de la serveuse m'a aussi prouvé que c'est pas les touristes leur clientèle cible. Contente de voir la danse traditionnelle du coin, même si à la longue les voix deviennent un peu lancinantes. Mais la danse, wow, ça c'est de l'intensité. La scène n'était pas surélevée, ce qui fait que la partie la plus impressionnante, les pieds de la danseuse, étaient cachés. Mais juste le rythme du bruit de ses souliers permettait d'imaginer son talent. Et débile comment elle peut claquer des doigts, elle va faire de l'arthrite bientôt c'est clair. Il y a un petit extrait vidéo plus bas, mais c'est pas le bout le plus fort. À la fin du show, elle dégoutte et est complètement écouettée.


Je quitte ensuite pour Madrid, d'où je prendrai le train-hôtel pour Paris. Arrivée là-bas, j'apprends que pour une raison obscure, il n'y en a pas de train-hôtel pour Paris ce lundi là. Faut donc que j'aye à une autre gare de Madrid pour prendre des billets qui me font arriver à la même heure à Paris en passant par Barcelone. Les 4-5 kilos de plus de bouteilles d'huile d'olive et d'avocats frais sont de plus en plus pénibles.


Finalement, j'ai mes billets et je prends le temps de trouver de quoi grignoter, puis une vingtaine de minutes avant le train je m'en vais passer les « douanes ». Et là, la madame me dit : « Désolée ma grande, mais tes billets sont pour demain ». Fuck. Le gars s'est trompé de date et j'ai pas remarqué. Alors je pars à courir avec mon stock et j'essais de les faire échanger à temps. La madame a dû percevoir mon désespoir, parce qu'elle a été extra gentille, elle aurait été bête avec moi je pense je serais partie à brayer. Mais trop tard, j'ai manqué le train. Plan C, train pour Barcelone, nuit de plus en Espagne et départ lendemain soir.


Je crois que j'ai en effet perdu un peu de ma vigilance de voyageuse, après un mois sans trop bouger. Je me suis trouvé pas mal tarte quand, après 2-3 jours à croire que j'étais riche, j'ai catché que non. J'avais recalculé mon budget pour le reste de mon voyage après le wwoofing. 23 jours avec pratiquement aucune dépense, certains généreux dons non prévus et un retour d'argent augmentaient considérablement mon budget quotidien, assez pour que je me dise « Alright! Party! Party, party, party! ». Jusqu'à ce que tout d'un coup, rendue à Barcelone, je réalise que j'avais oublié un élément important de l'équation : convertir le montant en euros. Nounoune. Mais bon, j'ai quand même un peu plus qu'avant alors je maintiendrai le même niveau de vie, celui prévu, donc c'est pas grave.


Donc à Barcelone je suis retournée à l'auberge jeunesse où j'étais allée, pas celle du poster porno, mais l'autre. Je me rends compte que c'est tant mieux, parce que le lendemain j'ai pu prendre le temps de faire tous les petits trucs que j'allais laisser faire par manque de temps: faire la file une heure et demie au bureau de poste et envoyer mes trucs pesants, la différence avec la France étant minime finalement, trouver un badge du drapeau de l'Espagne pour mon sac-à-dos et, finalement, succomber et acheter une robe de graduation en Espagne comme j'espérais. Je suis totalement tombée en amour avec, je trouve qu'elle me ressemble et qu'elle me rappellera mon voyage. Je suis super contente. J'ai aussi vu une couple de modèles des pantalons « j'ai chié dans mes culottes », je comprends toujours pas.


En fin d'après-midi, j'avais envie. Je me sens toujours trop mal à l'aise d'entrer dans un resto juste pour aller aux toilettes alors je cherchais quelque part où je pourrais prendre un truc rapide et pas cher et ensuite me sentir dans mon droit d'accéder au petit coin. Ce n'est pas dans mes habitudes, mais il y avait un PFK qui annonçait un mini sandwich au poulet à 1,90 euros. Je me dis que c'est pas trop cher payer et que dans les toilettes de fastfood on risque moins les situations plates de manque de papier ou de pas de savon.


J'achète le mini sandwich qui équivaut peut-être au tiers d'un sandwich au poulet normal. Je trouve ça un peu drôle que les fastfoods en Europe fasse leur promo sur du mini, tout le contraire des Américains et de leur supersize. Je le mange en vitesse, et me dirige vers les toilettes. Et là, un petit bonhomme bacaisse catalan avec son badge « service à la clientèle » et ses lunettes de soleil teintées (parce que les néons dans le PFK sont agressants j'imagine?) me bloque le chemin. Sentant déjà que j'allais perdre des points en le disant pas en catalan, je m'essaye :


-    Euh, puedo ir al cuarto de baño?
-    Non, c'est fermé.
-    Ouin, mais elle (madame qui en sortait) est allée.
-    Ouais, mais là on ferme pour nettoyer.
-    Ok, je peux attendre.
-    Non, c'est fermé pour au moins 15-20 minutes.

Voyant que dans son powertrip de préposé de PFK il n'avait aucune compassion pour les besoins naturels d'une touriste, je l'ai regardé de haut (parce que je le dépassais de deux têtes, mais surtout parce que je le trouvais cave), je me suis retournée et je suis sortie en regrettant mon 1,90 investi dans 1/3 de sandwich au poulet vide de saveur d'une multinationale. Puis, j'ai compris l'expression « boss des bécosses ».

Dans le train de nuit pour Paris, je suis dans la cabine avec deux Parisiennes de retour de vacances et une madame de Barcelone. Les deux filles françaises étaient smatts, mais c'est vrai que c'est chialeux un peu des Parisiens? «  Oh la la! Mais qu'est-ce qu'il fait chaud, non mais je vais crever moi, ça y est je meurs de chaleur, c'est insupportable, où est l'agent de bord, je ne tolèrerai pas?» et bla bla bla. Mais la Barcelonaise était vraiment jasante, c'était une des rares fois de mon voyage que j'avais une vraie conversation en espagnol qui durait plus que 10 minutes. J'étais contente, ça se passait bien, mais faudra que je revienne un jour pratiquer plus? Ou peut-être un retour en Amérique centrale finalement, où ils parlent bien plus lentement.

 

From Marianne on Mar 9th, 2009

Sophie, sophie, sophie! À ton retour, on actionnera PFK et les préposés des toilettes. J'ai tellement eu pitié de toi, que j'ai envie de t'envoyer du papier de toilette...après tout, un arbre, ça fait l'affaire... Alors, que fais-tu de bon à Paris??? Ici, le printemps se pointe du nez...timidement...espérant qu'il fera assez chaud pour que tu puisses porter ta robe de gradu en avril. Si t'as besoin d'argent, fais-nous signe, pas question de te laisser mourir de faim à l'autre bout du monde, ya une limite à vouloir se restreindre;) Tu peux quand même profiter de la vie! C'est pas tous les jours qu'on va en europe! Porte toi bien, on veut plus de photos.. p.s ton festi-vert est vrmt en branle. Ils suivent à la lettre ton plan...IGA est commanditaire... xoxoxo

From Sophie on Mar 10th, 2009

Ahaha j'espère que mon histoire de budget n'a pas été interprétée comme une demande de dons et commandites! J'ai en masse pour être bien, et en plus, aye, j'une job en revenant! Je devrais m'en sortir pas pire! Sinon, au centre-ville de Barcelone c'est pas facile trouver un arbre et pisser cachée, même si j'avais des kleenex. Mais quand on se retient longtemps, ça finit par passer l'envie fac j'été correct, mais ma grand-mère dirait tss tss c'est pas bon ça les toxines de ton urine vont dans ton corps quand tu te retiens trop longtemps... as-tu appris ça en bio? Sinon ma gradu c'est mi-mai, je compte sur le soleil! As-tu reçu ma réponse pour les comités? Écris-moi un e-mail! À bientôt! xx